La Hardiesse, la plume derrière Parfois, aimer
Interviews

La Hardiesse, la plume derrière Parfois, aimer

Publié le 3 août 2026 à 18:00 · par Mika · 16 min de lecture

La Hardiesse revient sur la naissance de son compte en 2021, sur son passage à la publication avec La Passion dévorante, sur la structure de Parfois, aimer, son choix de l'anonymat et son travail de transmission auprès d'autres auteurs.

La Hardiesse écrit sur l'amour depuis 2021. Derrière ce pseudonyme se cache un auteur suivi par des milliers de lecteurs sur Instagram, publié en poésie avec Parfois, aimer et Les fables du cœur, et en roman avec La Passion dévorante. Pour Le blog de Mika, il revient sur la genèse de son projet, son rapport à l'écriture, son choix de l'anonymat et son envie de transmettre à d'autres auteurs.


Genèse

Comment est né le compte La Hardiesse ? Il y a eu un déclic, ou c'est venu petit à petit ?

Le compte est né en 2021, pendant la période du Covid. Mais, en réalité, l'histoire commence bien avant.

J'ai toujours écrit. Adolescent, j'écrivais des textes de rap, puis des chansons. J'ai toujours eu un rapport très naturel avec les mots. À l'école, le français était la matière dans laquelle je me sentais le plus à l'aise.

Il y a aussi un héritage familial. Mon père écrit, mon oncle également, mon frère a fondé une maison d'édition. À la maison, la littérature, la philosophie, la politique ou la musique faisaient partie des conversations. Je pense que cette sensibilité s'est construite très tôt.

À l'origine, La Hardiesse n'avait pourtant rien d'un projet d'auteur. Je voulais simplement conserver mes textes. Instagram était en train de voir apparaître de nombreux comptes d'écriture, et je me suis dit que ce serait une belle manière d'archiver ce que j'écrivais.

Puis une rupture est arrivée. J'ai commencé à écrire presque exclusivement sur l'amour. Les textes ont trouvé un écho auprès des lecteurs, la communauté a grandi, et le projet a évolué naturellement. Il n'y a pas vraiment eu de déclic : c'est une succession d'étapes qui ont progressivement donné naissance à La Hardiesse.


Avant d'avoir un nom et une image de marque, vous écriviez déjà. Ces textes-là, vous les gardez quelque part, ou c'est passé ?

Oui.

À l'époque où je faisais de la musique, j'écrivais énormément. J'avais des cahiers, des notes sur mon téléphone, des feuilles volantes... J'accumulais les textes sans vraiment savoir ce que j'en ferais un jour.

Puis il y a eu plusieurs années où j'ai presque arrêté d'écrire. J'étais complètement déconnecté de cette partie de moi.

Lorsque La Hardiesse est née en 2021, j'ai eu l'impression de retrouver quelque chose que j'avais laissé de côté. Ce compte a été une manière de redonner une place à l'écriture dans ma vie.


Le passage de « compte Instagram » à « auteur publié », ça a basculé à quel moment, dans votre tête ?

J'ai toujours eu envie d'écrire des livres.

Lorsque le compte a commencé à grandir et que j'ai vu que des milliers de personnes prenaient le temps de lire mes textes, publier un livre m'a semblé être la suite logique.

Mon premier roman, La Passion dévorante, est né d'une histoire que j'ai vécue. Pendant cette relation, j'ai énormément écrit. Quelques années plus tard, j'ai repris tous ces fragments pour leur donner une forme romanesque.

Ce livre a été à la fois un exutoire et une manière de transformer une expérience personnelle en une histoire que d'autres pouvaient s'approprier.

Je n'ai jamais vécu le passage d'Instagram au livre comme une rupture. Pour moi, c'était simplement une autre façon de raconter.


L'écriture

Vous dites que « structurer n'est pas trahir ». Comment vous savez qu'un texte est prêt à devenir un poème fini, et pas juste une pensée jetée sur le papier ?

Au début, j'écrivais presque uniquement de manière instinctive.

Aujourd'hui, j'écris tous les jours et je travaille beaucoup plus mes textes.

Je sais qu'un texte est prêt lorsqu'il continue de me faire ressentir quelque chose. Si, en le relisant, les mots dépassent le simple papier et réveillent une émotion, alors je sais qu'il est vivant.

Avec les années, j'ai aussi appris à reconnaître ce qui peut toucher les lecteurs. Les échanges avec ma communauté m'ont beaucoup appris.

Paradoxalement, certains de mes textes les plus forts sont aussi ceux qui ont été écrits le plus spontanément. Une idée surgit, je l'écris presque d'un seul souffle, et ce sont souvent ces textes-là qui trouvent le plus d'écho.

Aujourd'hui, j'essaie surtout de construire une œuvre cohérente. Je travaille par thèmes, j'explore des sujets en profondeur, afin que chaque texte apporte quelque chose de nouveau tout en restant fidèle à l'univers de La Hardiesse.


Vous écrivez sur l'amour depuis le début. Il y a un sujet qui vous résiste encore, que vous n'arrivez jamais à bien écrire ?

J'écris beaucoup sur l'amour sur La Hardiesse, mais l'écriture occupe une place bien plus large dans ma vie. J'écris aussi sur des sujets de société à travers d'autres projets.

Ce qui me demande le plus de courage, ce ne sont pas forcément les grandes histoires d'amour. Ce sont les textes qui touchent directement à mes proches : mon fils, mes parents, ma famille.

Lorsque j'écris quelque chose de très intime, j'y mets une telle charge émotionnelle qu'il devient parfois difficile d'y revenir.

C'est ce qui s'est passé avec La Maison aux Cinq Pièces. Ce n'était pourtant pas autobiographique, mais j'étais tellement investi émotionnellement dans son écriture que chaque relecture me demandait une énergie considérable.

Avec le temps, cette distance finit par arriver. Et c'est souvent à ce moment-là que je peux réellement retravailler le texte.


Quand vous relisez vos tout premiers textes aujourd'hui, qu'est-ce que vous changeriez ?

Honnêtement, pas grand-chose.

Bien sûr, techniquement, je vois énormément de choses que je pourrais améliorer. Aujourd'hui, j'écris mieux. J'ai appris à structurer mes textes, à être plus précis, à aller davantage à l'essentiel.

Mais je préfère laisser ces premiers textes tels qu'ils sont, parce qu'ils racontent aussi une évolution. Ils témoignent d'une période de ma vie, d'une manière d'écrire et d'une manière de ressentir.

Je crois qu'une œuvre ne doit pas effacer les étapes qui l'ont construite. Ces premiers textes ne sont peut-être pas parfaits, mais ils sont sincères. Et cette sincérité a, à mes yeux, plus de valeur que la perfection.


Parfois, aimer

Le recueil est structuré en sept thèmes. Comment est né cet ordre, et il a changé en cours d'écriture ?

En réalité, l'ordre n'a pas été décidé avant l'écriture.

J'ai écrit tous les textes de manière très spontanée, au fil de ce que je vivais et de ce que je ressentais. Ce n'est qu'une fois le recueil terminé que j'ai commencé à observer des familles de textes, des émotions qui revenaient, des étapes qui se répondaient.

Ce sont donc les textes eux-mêmes qui ont dicté la structure du livre. Je n'ai pas cherché à faire entrer les textes dans un plan ; c'est le plan qui est né naturellement des textes.

Aujourd'hui encore, j'aime cette idée que la structure d'un livre se découvre parfois après son écriture, comme si l'œuvre révélait elle-même sa propre logique.


S'il fallait garder un seul poème du recueil pour représenter tout le livre, ce serait lequel, et pourquoi ?

Je choisirais L'Amour divin, le dernier poème du recueil.

Je suis croyant, et cette dimension occupe une place importante dans ma vie. Pour moi, l'amour ne se limite pas à celui que l'on porte à une autre personne. C'est aussi celui que l'on reçoit, la gratitude d'être vivant, la possibilité même d'aimer malgré les blessures.

Ce n'est pas un hasard si ce poème clôt le livre. J'avais envie que le voyage se termine sur quelque chose qui dépasse l'histoire d'amour et qui ouvre vers une forme d'espérance.


Les fables du cœur, le tome II, est reçu comme plus sombre. C'est un choix conscient, ou c'est juste là où vous étiez à ce moment de votre vie ?

Je ne dirais pas qu'il est plus sombre. Je dirais qu'il est différent.

J'avais envie d'aller plus loin dans la réflexion et de faire passer certains messages autrement. Les allégories me permettent de parler de l'amour de manière moins frontale. Elles laissent davantage de place à l'interprétation.

L'idée est née avec quelques textes, notamment L'Aigle et le Pigeon. En voyant l'écho qu'ils rencontraient, je me suis dit qu'il y avait quelque chose à explorer.

J'ai toujours aimé les Fables de La Fontaine. Elles racontent des histoires très simples qui continuent pourtant à transmettre des enseignements des siècles plus tard. Cette façon de parler de l'humain par le détour m'a toujours fasciné.

Je n'ai pas écrit ce livre pour donner des leçons. J'ai simplement proposé différentes visions de l'amour, en espérant que chacun puisse y trouver son propre enseignement.


Les deux visages : poésie et roman

La Passion Dévorante est un texte beaucoup plus charnel et plus sombre que votre poésie. Comment vous naviguez entre ces deux registres sans que l'un prenne toute la place ?

Je ne les oppose pas vraiment.

Pour moi, ils parlent tous les deux de la même chose : les émotions humaines.

Simplement, le roman me permet d'aller beaucoup plus loin dans les personnages, les contradictions et les zones d'ombre, alors que la poésie cherche davantage à saisir un instant, une émotion ou une vérité en quelques mots.

Je choisis donc le format en fonction de ce que l'histoire demande. Certaines émotions deviennent naturellement un poème ; d'autres ont besoin de plusieurs centaines de pages pour être explorées.


Les lecteurs qui vous suivent pour la poésie ont bien suivi sur le roman, ou ça a surpris ?

Lorsque La Passion dévorante est sorti, il était parfaitement cohérent avec le contenu que je publiais à cette époque.

Mon compte était alors beaucoup plus sombre, plus charnel, plus centré sur les relations passionnelles. Le roman apparaissait comme le prolongement naturel de cet univers.

Par la suite, j'ai évolué, aussi bien dans ma vie que dans mon écriture. Mon compte a progressivement changé de tonalité, et Parfois, aimer est arrivé à un moment où il correspondait exactement à ce que je partageais quotidiennement.

Je pense donc que les premiers lecteurs ont simplement accompagné cette évolution. En revanche, quelqu'un qui découvre aujourd'hui La Hardiesse à travers Parfois, aimer sera probablement surpris en lisant La Passion dévorante. Mais cela raconte aussi mon parcours d'auteur.


L'anonymat

Vous gardez votre identité privée malgré une grosse communauté. Ça reste facile à tenir aujourd'hui, ou ça pèse parfois ?

Oui.

Au départ, ce n'était pas une stratégie très réfléchie. C'est quelque chose qui s'est installé naturellement.

Aujourd'hui, cet anonymat me permet de préserver une partie de ma vie privée, mais aussi de laisser davantage de place aux textes qu'à la personne qui les écrit.

Cela ne m'empêche pas de monter sur scène. Je fais du slam, je participe à des lectures publiques, et je n'ai aucun problème à montrer mon visage lorsque le contexte s'y prête.

J'aime l'idée que La Hardiesse soit un univers. Ce n'est pas un masque, c'est une manière de laisser les textes prendre la première place.


L'anonymat, ça vous permet d'écrire des choses que vous n'oseriez peut-être pas sous votre vrai nom ?

Oui, dans certains cas.

Je pense notamment à La Passion dévorante. C'est un roman très intime. Même s'il est romancé, il puise dans des émotions profondément personnelles.

L'anonymat m'a donné une certaine liberté au moment de l'écrire.

Aujourd'hui, je crois que je pourrais publier une grande partie de mes textes sous mon identité civile. Mais La Hardiesse est devenu un véritable projet littéraire, avec son univers propre. Je suis donc attaché à cette séparation, non pas pour me cacher, mais parce qu'elle permet au lecteur de rencontrer d'abord les mots, avant la personne qui les a écrits.


Transmettre

Vous accompagnez maintenant d'autres auteurs vers la publication. Qu'est-ce qui vous a donné envie de transmettre, en plus d'écrire ?

Au fil des années, j'ai reçu de plus en plus de messages de personnes qui voulaient écrire un livre, publier ou simplement comprendre par où commencer.

J'ai moi-même découvert à quel point le parcours d'un auteur pouvait être complexe. Que l'on choisisse une maison d'édition ou l'autoédition, il faut porter énormément de casquettes : écrire, corriger, mettre en page, publier, communiquer, apprendre à faire connaître son travail...

En même temps, nous vivons une époque extraordinaire. Aujourd'hui, quelqu'un qui a une histoire à raconter peut réellement la partager. Les réseaux sociaux et les nouvelles plateformes ont ouvert des possibilités qui n'existaient pas il y a encore quelques années.

J'ai eu la chance de vivre cette aventure. Si j'ai pu le faire, je suis convaincu que beaucoup d'autres peuvent y arriver.

C'est pourquoi j'ai envie de développer davantage cette dimension de La Hardiesse : des contenus gratuits, des formations, des ateliers d'écriture... non pas pour apprendre aux gens à écrire « comme moi », mais pour les aider à trouver leur propre voix.

Je crois profondément que chacun porte une histoire qui mérite d'être racontée.


Un conseil pour quelqu'un qui écrit depuis des années mais n'ose toujours pas franchir le cap de la publication ?

Je commencerais par lui dire qu'il n'y a aucune obligation de publier.

On peut écrire toute sa vie simplement parce que cela nous fait du bien. C'est déjà une raison suffisante.

En revanche, si l'on ressent au fond de soi l'envie de partager un livre, alors je pense qu'il faut essayer.

Publier, ce n'est pas seulement mettre un texte en vente. C'est donner une existence matérielle à quelque chose qui, jusque-là, n'existait que dans notre tête ou dans nos carnets.

Et peut-être que ce livre touchera quelqu'un. Peut-être qu'il accompagnera une personne à un moment important de sa vie. On ne le saura jamais si on ne franchit pas le pas.

Il n'existe pas une bonne manière d'écrire. Il existe des sensibilités différentes. C'est cette diversité qui fait la richesse de la littérature. Le pire livre est souvent celui qui n'a jamais été écrit.


Il y a un piège dans lequel vous voyez tomber souvent les auteurs que vous accompagnez ?

Le piège le plus fréquent est d'écrire d'abord pour les autres.

À mes yeux, l'écriture doit d'abord être un acte profondément personnel. Il faut écrire ce que l'on ressent vraiment, ce que l'on a besoin de dire.

Bien sûr, il est important de penser au lecteur. Mais si l'on écrit uniquement pour répondre à une mode ou pour fabriquer un livre qui « fonctionnera », on risque de perdre ce qui fait la singularité d'une voix.

Je préfère accompagner quelqu'un qui a une histoire sincère à raconter plutôt que quelqu'un qui cherche simplement à produire un livre commercial.

Au fond, le meilleur livre est souvent celui dont on peut être fier plusieurs années après l'avoir écrit.


Nihon no kotoba

D'où vient cette inspiration japonaise ? Un voyage, une rencontre, une fascination de longue date ?

Elle est née d'un voyage au Japon que j'ai fait avec mon fils.

Ce voyage m'a profondément marqué. J'ai été touché par la culture japonaise, par son rapport au silence, à la nature, au temps, par l'humilité des personnes que j'y ai rencontrées.

Pendant tout le voyage, j'ai énormément écrit.

En rentrant en France, l'envie de créer Nihon no Kotoba s'est imposée naturellement.

Chaque mot japonais est devenu une manière de prolonger ce voyage intérieur. Le recueil suit d'ailleurs presque les différentes étapes de cette traversée, du départ jusqu'au retour.

Comme je l'ai vécu avec mon fils, ce livre garde une place très particulière dans mon cœur. C'est l'un des plus beaux souvenirs de ma vie, et voir que ce recueil touche aujourd'hui d'autres lecteurs est une immense joie.


Pour finir

Dans dix ans, qu'est-ce que vous voulez que les gens retiennent de Parfois, aimer ?

J'aimerais qu'ils retiennent que l'amour est infiniment plus complexe que ce que l'on imagine.

Qu'il ne se résume pas à une relation entre deux personnes.

L'amour, c'est aussi le rapport à soi, aux autres, au temps, aux blessures, aux absences, aux renaissances.

Si Parfois, aimer peut rappeler à certains lecteurs qu'avant d'aimer pleinement les autres, il faut aussi apprendre à s'accueillir soi-même avec bienveillance, alors j'aurai le sentiment d'avoir écrit un livre utile.

Je crois profondément que beaucoup de nos blessures naissent d'un manque d'amour. Et qu'à l'inverse, beaucoup de choses peuvent commencer à guérir lorsqu'on réapprend à aimer.


Un livre ou un auteur qui vous a donné envie d'écrire, à vos débuts ?

Il y en a plusieurs, chacun pour une raison différente.

Sur Instagram, des auteurs comme Lucas Clavel ou La Délicatesse des mots m'ont montré qu'il était possible de faire vivre la littérature sur les réseaux sociaux.

Sur le plan littéraire, je me suis beaucoup nourri de Khalil Gibran, Christian Bobin, Albert Camus, Aimé Césaire, Baudelaire, mais aussi de la poésie persane, notamment Forough Farrokhzad.

Ce qui me touche chez eux, c'est leur capacité à révéler l'universel à partir de choses très simples. À regarder le monde autrement.

J'ai également toujours admiré la liberté des poètes. Ils ont souvent été des voix à contre-courant, capables de questionner la société tout en parlant de l'intime.

C'est probablement cette alliance entre la poésie et la philosophie qui m'inspire le plus aujourd'hui. J'aime penser qu'un livre n'est pas seulement un objet que l'on lit, mais un voyage intérieur que l'on poursuit bien après avoir tourné la dernière page.


Qu'est-ce que vous écririez si personne, absolument personne, ne devait jamais le lire ?

C'est une question difficile.

L'écriture m'offre justement cette liberté étrange : celle de pouvoir déposer sur le papier des choses que je n'oserais peut-être jamais dire à voix haute.

Au début, c'est très troublant. On a l'impression d'exposer son intimité au monde entier. Puis on découvre quelque chose d'assez bouleversant : ce que l'on croyait être uniquement à soi appartient aussi à beaucoup d'autres.

Les lecteurs viennent parfois me dire : « J'ai vécu exactement la même chose. » Et l'on comprend alors que nos histoires sont singulières, mais que nos émotions sont profondément universelles.

Bien sûr, il existe des choses que je ne dirai probablement jamais. Elles appartiennent à mon intimité et à ma relation avec Dieu.

Mais si je devais écrire une phrase que personne ne lirait jamais, ce serait peut-être celle-ci :

« J'ai peur de perdre les personnes que j'aime. »

Au fond, je crois que beaucoup de mes livres parlent déjà un peu de cette peur-là.

Peut-être qu'un jour j'aurai le courage de l'écrire plus frontalement. Et si cela arrive, ce sera sans doute parce que j'aurai enfin accepté de la regarder en face.


Que nous réservez-vous pour l'avenir ?

Honnêtement, je ne fais pas beaucoup de plans très lointains.

J'essaie surtout de rester fidèle à ce qui m'a conduit jusqu'ici : écrire, partager, continuer à apprendre.

J'ai une immense gratitude envers les lecteurs. Être lu par autant de personnes est quelque chose qui me dépasse encore aujourd'hui.

J'aimerais continuer à écrire des livres, explorer de nouvelles formes, accompagner davantage d'auteurs et contribuer, à ma manière, à remettre la littérature au cœur de nos vies.

Je crois que nous vivons dans un monde qui va toujours plus vite. Lire et écrire nous obligent à ralentir. À prendre le temps de ressentir, de réfléchir, de comprendre.

Si La Hardiesse peut offrir cet espace-là, alors j'aurai déjà beaucoup de chance.

Je ne sais pas exactement ce que l'avenir me réserve. En revanche, je sais ce que j'aimerais continuer à faire : écrire des mots qui rapprochent les êtres humains plutôt que de les opposer.

Et si, grâce à un livre ou à un simple texte, une personne se sent un peu moins seule, alors j'aurai le sentiment d'avoir accompli quelque chose d'essentiel.


Retrouvez La Hardiesse et l'ensemble de son univers sur lahardiesse.fr.

Ne manque aucun article

Reçois un email à chaque nouvel article, interview ou texte publié sur le blog.

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !

Laisser un commentaire

Le lâcher prise

Aucun article suivant